FRENCH POETRY

Euridice

Creation Category: 

il ne marche plus devant moi,
je ne marche plus dans ses poèmes

évidée par la descente du temps

la mort redouble

qui ne se laisse écrire

quand les rivières auront retourné leur cours
quand la descente aura tissé son complice spiral
le vide poussera dans les poèmes sauvages

le silence a séché
sur mes lèvres

rien que le sel
des résonances
sur ses lèvres

Orphée disparu
n'arrivera plus
le poème

 ***
el nu mai merge înaintea mea
eu nu mai merg în poemele lui

golită de căderea timpului

moartea se întețește

nu se mai lasă scrisă

când râurile își vor întoarce cursul
când panta își va țese o spirală complice
vidul va crește în poemele sălbatice

tăcerea mi s-a uscat pe buze

doar sarea rezonanțelor
i-a rămas pe buze

Orfeu dispărut
nu va mai ajunge
poemul

La nuit de l'hippogriffe XVI

Creation Category: 



panopticum



le chagrin poussa sous ses plumes

en noircissant

l'ancien miroir du vent et du sable

et prit en charge

les effluves incessibles

de la nostalgie


là-haut le désert mordit les rideaux du chaos

en illuminant l’Étendue du temps

jusqu'à ses yeux d'or

 

brièvement l'arc de l'infini

entra dans ses ailes

et l'hippogriffe sentit la peur

germant

entre les solitudes des songes


parfois un seul regard du cœur

peut rajeunir la Lumière en toi - soupira-t-il


l'hippogriffe resta encore une fois

seul dans soi-même

et la culasse du silence

demeura

dans son âme

les traces amères et durcies

d'autrui


à l'aube

en respirant

les imperturbables

flots des Cieux

il retrouva son Ombre.



 

 

03.08.2010

 

 

 

©2010, Marina Nicolaev

 

 

La nuit de l'hippogriffe XV

Creation Category: 

 


le pas de l’ange



me semble-t-il toujours

que je rêve incessamment

les mêmes forteresses flottantes


des naufrages attendues des étoiles

en respirant ses grands voiliers en fer

comme une cauchemar

d'autrefois


c'est le fruit sauvage d’amertume

en train de muer

son innocence

en glissant sur l'accouplement

prévu des nuages

immondes

nécrophages


ils ne se dirent jamais adieu

et les murailles abîmées des cieux

touchèrent

l'empreinte encore chaude

des hippogriffes abandonnés

là-haut au bout des mondes

aux prédateurs du temps


l'hippogriffe s'éteignit

aux yeux grands ouverts

vers les montagnes lointaines


et ses ailes vaincues tombèrent

comme les derniers pas de l'ange perdu

dans le tiroir du sable

de la mémoire.

La nuit de hippogriffe XIII

Creation Category: 


la folie

à la veille de son dernier départ
l'hippogriffe attirait vers lui
la dorsale imprévue
de l’âme cachée du désert
parmi les rosiers de la nuit

et comme la première fois
le désert le suivait en silence
comme toutes les caraques
perdues du ciel
en s'arrondissant les îles

le silence de l'Étendue du temps
vomit la cité de l'espace
blessée encore vivante
conçue en dehors de la sphère du monde

là-haut
en colère encore contre tous
l'aridité
traça autour de lui
la vraie demeure
de la Reine des misandres

la folie c'est une chambre aux fleurs de sable.


L'heure de la visibilité ("Presque v'île")

Creation Category: 

Dans la nuit entre les paupières
les rues
comme des filets de lave coulant vers la mer
leurs lignes rouges torrents et rumeurs
portent le balancement des saisons
le repos du mouvement
les cris muets
des cris fulgurent
leur éclair tranche la chair de ville
orage dénoué
des mots étrangers comme d'une langue inconnue s'emparent du poèmes
une voix me dévisage renverse les sons
l'encre fuit rouge l'encre fuit aveugle
de droite à gauche passe le temps
de gauche à droite avancent les mots
le temps efface les mots
les mots effacent le temps
une lettre s'efface d'elle-même
c'est l'heure de la visibilité

La nuit de l'hippogriffe XI

Creation Category: 


l’aire du temps


inlassablement à éveiller les passages d’or
son temps vient en cacher un autre temps
et l’hippogriffe fit tomber sous la voûte d’autres cieux
comme les vergers des nuages
au-dessous de la lune étrange

les ruines cintrèrent les temples du sable
puis se courbant en arc, audacieuses
jusqu’au son céleste de l’espace
refroidissant ces escadrons éternels
tels que l’on vit jadis
la chimère

je vis l'Hydre caressée par ses derniers guerriers
tombant lentement sur le récif
entre nous


encore une fois le désert
le poussa d’un sifflement aigu
dans l’orage des astres

là-haut ou la beauté respire en avalant
tout cela que nos rêves dévorent
les ombres de ceux
sempiternels
infatigables reliques
de l’aire du temps
 

 


La nuit de l'hippogriffe X

Creation Category: 

 
Emptiness Vide

 



les silences s'affalaient lentement
sous le plafond des cieux
près d’un nuage égaré en plein jour

et l’hippogriffe mangeait l’amertume étrange
en tant que le vent
s'échouait à la mer du sable
comme un ange ébène

les échos
d’un autre tremblement de ruines rougies
cassaient les failles de l’espace
entre les deux mondes inconnus

soudain
l’hologramme de la licorne d’or
se matérialisa
pour quelques secondes
devant lui

un jour tu trouveras l’archétype de l’âme
entendit encore et encore l’hippogriffe
et l’armorial du temps
prit une teinte insolite d’amarante

tous les vivants incolores
tombaient abîmés
comme des semences d’eau en flammes

sans éclat
les larmes du sable enlisaient
imperceptiblement
les ailes de l’hippogriffe

La nuit de l'hippogriffe VIII

Creation Category: 

L’étoilerie


Le temps n’est pas le bout du rêve
il est du rêve

contempla l’hippogriffe
et le désert gémit au-dessous de lui
comme une âme
à travers des vécus d'abandon

le temps prit des étoiles de plus en plus
cette tempête de sable en arrière de l’espace
et l’effet qui en découla
dans toute la maladresse du hasard

le son était tour à tour choisi par l’espace informe
dévoré paisiblement
quand il perçut le frisson du sable

le prône céleste tomba
parmi les murs du vent
qui sont astreints foudroyants
en donnant la matrice de formes abyssales

les pensées de l’hippogriffe accouchaient
lentement
ses novas de la solitude

 

 

La nuit de l'hippogriffe IV

Creation Category: 

L’Imaginarium

 




© Marina Nicolaev


l’hippogriffe regardait l’oasis cachée parmi les dunes
comme un dernier acacia qui se dévoile lentement dans la nuit

et il sentit jusque dans les plus petits recoins du temps
le silence du désert agrandissant
sous l’ œil implacable de l’éternité
l’océan du sable au repos

les véritables exilés moururent de fatigue
sauf le sphinx qui exhala, avide, le souffle du désert
parmi les vagues blanchies des rochers

l’hippogriffe s’approcha du guerrier
cet éternel étranger à lui-même
qui ne trouve jamais sa place
au fil de son exode sans but
autour d’une étoile lointaine

il n'est donné qu'un seul voyage au coeur de soi, murmura-t-il
s'envolant jusqu'aux mers célestes
un jour il s’émerveillera devant un lever de soleil
nu comme tous les autres

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