FRENCH POETRY

La ville qui voulait être une île

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tous feux éteints
ces rues nous conduisent
vers le bas vers le noir
toujours plus bas les rues battent la mesure
dans une sphère de vertige
les pas de l'heure hurlant la danse
de cette ville à consonne manquante
qui voulait être une île
sans références
mais elle n'est qu'une ville
à peine une v'île
une presque v'île

ReQuIeM

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ReQuIeM
à Lui

  
 
©2007, Marina Nicolaev
 




la douce carcasse ensablée
pousse tardivement parmi les collines liquides
en un seul vol meurt un dernier soupir
écrit sur les rides éphémères des vagues

tout comme
des chevaux écumants s’envolant
vers des saisons anglaises perdues
qu'il ne faut surtout pas regarder
sur le chevalet monochrome de mon coeur

seuls entre deux mondes
nous resterons toujours là-bas
les enfants de la tendresse
au pied du temps

où j’entends encore les forêts des eaux profondes
mer d’arbres endormis

once upon a time things were so simple

le regard porté sur l'autre

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je n'aime plus les porteurs de certitudes
qui ne font pas confiance au hasard de la vie
au départ
le monde est peuplé par de multiples consciences perdues

je ne m'attacherai plus au mât de mon navire
j'aurai du mal à courir longtemps derrière Ulysse

de toute évidence ni le corps ne survit, ni l'âme
ses yeux de chacal envahissent les brins d'herbe
détruisant toujours la solitude dans la maison de mon bien-être

ne laissons pas nos hésitations nous empêcher d'y entrer

mon silence éclaire tout
là-haut se trouve le regard porté sur l'autre.

Esquisse à  deux dans la chambre verte III

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Esquisse à deux dans la chambre verte III

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il ne vend jamais
de caresses écartées
par l'absence d'espoir
d'une délivrance au-delà de soi-même
loin de l'enfer des mots

le monde d'autrefois
ouvrit le champ du possible
comme ce rhizome irréel du bonheur

grain du printemps
sur ta bouche
entre nous reste
l'amour impromptu
comme les gouttes de pluie en février

même l'orage le plus bénin a ses foudres

Esquisse à  deux dans la chambre verte II

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Esquisse à deux dans la chambre verte II

"si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente"

 



regarde-nous parmi les nuages

les anges bâtissent la paroisse

d'un pays jusqu'alors inconnu de toi



tout est oublié.

selon qu'elles sont libres ou captives

les eaux de pluie et de fonte des neiges

déversent déjà les saisons d'antan

comme dans la plupart des vallées humides



prions

dans la mesure du possible

au silence des ailes


"Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente" - Jules Renard, Journal,1899

Esquisse à  deux dans la chambre verte

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Esquisse à deux dans la chambre verte
le seul vrai langage au monde est un baiser*

 




touche-moi
en animant tout le parcours
dans les silences de ta peau
jusqu'au bout des couleurs


l'ensemble hérite chaque structure
bien plus que les rêves des enfants perdus


le chemin s'ouvre pour ce nouvel outil du jeu promis
dans cette chambre verte où poussent tes effleurements
lorsque nous créons d'autres jeux
aux ombres et lumières lisses
sur les murs étincelants


une fois le temps inventé
notre statue à deux
vivra en nous,
respirant tendrement


quel merveilleux voyage
tout de même...



*le seul vrai langage au monde est un baiser (Alfred de Musset)

La nuit de l'hippogriffe V

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La nuit de l’hippogriffe V


les métamorphoses

 

 



l'Hydre traversait les failles du temps jusqu’au désert
et sa voix était plus proche du Tout
que les rayons solaires des murs éphémères
enlevant les sables comme cette lumière vénéneuse
de la répulsion à la fascination


la tempête de rochelles noircissait le monde
et derrière eux restaient les voyelles pétrifiées
des sons bizarres


ce sont des succubes atrophiées
qui ne touchent jamais les autres
elles cessent d'influer sur le monde des vivants

pressentit la licorne d’or


un jour tu trouveras l’archétype de l’âme
dans ce tremblement de ruines rougies



l’hippogriffe entendait encore la licorne invisible
et restait calme car son cœur se voyait
parmi l’ossature des dunes
ses diglyphes tremblaient dans l'air
comme une esquisse sonore vivante
suivie de métamorphoses
dérobées déjà par un être étrange.



le 2 février 2008

La nuit de l'hippogriffe I

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le jardin aux pommes d’or




d’un moment à l’autre
l’espace se métamorphose en cygne
tandis qu’il attend dans un chariot de feu
les nuages de l’armée céleste

je vis l'Hydre caressée par ses derniers guerriers
tombant lentement sur le récif
entre nous

au-delà s'étendent des labyrinthes bleus
soupira l’hippogriffe
si tu vas aux champs élysées sans moi
il te faudra toujours me regarder dans les yeux
lorsque tu t’éloigneras en chantant
au bout de la terre
vers ton royaume des mots perdus

seul
le sphinx d’encre monte la garde
aux sept murailles et sept portes
de son jardin aux pommes d’or empoisonnées

plus loin
le rêve n’a qu’une réponse sans ailes
à Tout.

 

 

 




Le volume « La nuit de l’hippogriffe » est dédié à Luminita Suse

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